Salaire de rien, mais de nos jours, être viré procure chez l’employé assimilé cadre que je suis, un agréable sentiment d’allégresse, même si à Athènes on le ressent beaucoup moins aujourd’hui et que le Pirée déjà là. Au vu du contexte économique, je vais pas me plaindre et j’en profite pour accepter la déprime de fin d’année promise depuis longtemps.

Le virement de faim de mois – contrairement au virement de fin de moi qui lui ne se renouvelle pas – est une preuve tangible de l’amour intangible que me porte mon entreprise. Avec tout ce qu’on entend dans le poste au 20 heures : les températures qui chutent, la bourse qui dégringole, le fossé qui se creuse et les soldes qui tombent à pic, il est bon de savoir que l’on sera viré tous les 30 jours sauf en février qui est hétérossextile bissextile.

Alors du coup, je me prends à rêver d’éternité au sein de mon open space désincarné mais bien tranquille finalement. Je me mets à croire en mon destin ambitieux pour devenir assistant-en-second-adjoint, je pétille à l’idée de cotiser jusqu’au bout mes trimestres pour la retraite, je savoure à l’avance les carnets de tickets restaurant qui me seront distribués tous les mois. Je salue presque mon employeur de travailler à mon plein emploi. Mais bon, faut patron en faire non plus. Déjà remercions ce virement qui n’est pas un licenciement.

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