Au coin le bon coin !

Le bon coin

En cette période de disette économique et sociale, il est capital de maintenir le niveau de son pouvoir d’achat si on veut s’épargner bien des soucis financiers. Pas facile quand la baisse des augmentations est en hausse et que la hausse des dépenses augmente. De fait, l’argent devient une espèce en voie de disparition alors qu’on est tous accros aux espèces sonnantes et trébuchantes. L’argent, c’est ma drogue, c’est monétaire-nelle passion !

Alors comment trouver du flouze, de l’oseille, du grisbi, des pépètes, du pèze, du pognon, de la galette, de la fraîche, des kopecks, des radis, de la mitraille, de la thune, des picaillons, du blé ?… Comment s’en mettre plein les fouilles quand on s’appelle pas Jérôme (et ses 685 000 euro suisses), ni Bernard (et ses 400 briques en béton) ?

Bin, faut racler ses fonds de tiroirs, vider sa cave, son grenier et ses placards et mettre tout en vente sur le bon coin, pardi ! D’accord, mais si on est toujours et encore fauché, ratiboisé, à sec, raide, rétamé, lessivé, dans la dèche, ratatiné, sur la paille ?… Alors là, faut faire preuve d’imagination. Faut oser, quoi. Après tout, tant qu’il y a de l’offre et de la demande, y a du plaisir pour les deux parties, non ? C’est ce qu’on va voir avec cette sélection de petites annonces du bon coin, pas piquées des hannetons et dégotées par votre humble serviteurnaute.

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Parfait pour un enterrement de vie de garçon
ou pour fêter une fin de période décès.

Tombe ATombe B

 

Bonne pioche pour ceux qui aiment rouler des pelles.

Terre à vendre

 

Et pour couronner le tout, il faut allonger un peu de galette pour les frais d’envoi.

Couronnes à vendre

 

Pour emballer le cageot, passer d’abord à la caisse.

Cageots à vendre

 

Disponible aussi dans de nombreux foins de vente.

Foin à vendre

 

Uniquement si le doute vous a bite.

Poupée à vendre

 

Et bon des gravats !

Pierres à vendre

 

Tout l’égout sont dans la nature.

Balai à vendre

 

Avec oeufs, on est gâtés.

Oeufs à vendre

 

Qui c’est caddie que ça foutait les jetons ?

Jetons à vendre

 

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Et voilà le travail !

En ce moment, salaire difficile d’être viré correctement à la fin de chaque mois, sur son compte bancaire, du fruit de son travail. Aujourd’hui, ça a l’air beaucoup plus simple d’être viré une bonne fois pour toutes. Faut dire que 2008 est passée par là, 5 ans déjà que le travail de sape continue. Au lieu de bosser, t’as cabossé. Et si ça suffit pas, tu passeras pas ta période décès. Triste sort du salarié flexicurisé. C’est une tradition capitalistique qui ne date pas d’hier. Le film ci-dessus est quand même sorti en 1966.

La liste est longue des entreprises qui ne chôment pas côté chômage : Air France, Altran, Arcelor Mittal, Carrefour, Continental, Crédit Agricole, Dexia, Doux, Faurecia, FNAC, Fralib, Goodyear, Hewlett-Packard, Lafarge, Lejaby, Madrange, Molex, Petroplus, PIP, PSA, Renault, Sanofi, Sea France, SFR, Société Générale, Surcouf, Technicolor, Teleperformances, Total Raffineries, Valeo, Virgin Megastore… Pour ne citer qu’elles.

De mon côté, je m’emploie à pérenniser mon CDI. Surtout depuis le réaménagement récent de l’open space, où mon bureau s’est étrangement retrouvé à côté de la porte d’entrée de sortie. Faut-il y voir un signe avant-coureur d’un quelconque (re)virement à mon encontre ? L’idée de manquer un jour à mon entreprise me travaille beaucoup.

21 décembre 2012 : tout doit disparaître !

La prochaine fin du monde aura lieu le 21 décembre 2012. Puisque c’est un vendredi, j’ai posé un RTT. Comme ça, je n’aurai aucune excuse pour rater ma disparition prématurée. Faut savoir réussir sa mort à défaut d’avoir réussi sa vie.

Je n’aimerais pas être englouti par un tsunami géant, au boulot, devant la machine à café en train de touiller bêtement mon expresso même pas sucré, tout en récupérant ma monnaie. Y aurait de quoi vous couler une réputation. J’aimerais encore moins être écrasé par une météorite en fusion pendant la pause pipi, la braguette encore ouverte et le doigt prêt à appuyer sur le bouton de la chasse d’eau. Un peu de dignité ne fait pas de mal pendant l’apocalypse. Mourir de rire dans un moment pareil serait déplacé et pourrait être mal vécu.

Tout ça, c’est la faute à la Pierre du Soleil, un énorme disque de 25 tonnes, taillé dans le roc et exposé au Musée National d’Anthropologie de Mexico. Merci googlipedia. La Pierre du Soleil, c’est ce qu’on voit sur la photo prise par mon appareil Niquon. Car je dois l’avouer, cette pierre mexique quand même un peu beaucoup. Savoir qu’elle annonce clairement la fin du monde depuis des centaines d’années ne me laisse évidemment pas de pierre.

Observons de plus près les sculptures qui ornent sa face. Des cercles concentriques de forme arrondie entourent un visage pas très avenant mais néanmoins tout à fait antipathique. On aura reconnu là, la structure caractéristique d’un calendrier rond, donc complètement bourré de significations.

Oh, là en regardant dans la colonne ronde, près de la troisième pointe du triangle en partant du bas  droite, on comprend qu’il s’agit du mois de décembre. Et là, en comptant les 21 premières petites cases carrées du deuxième cercle, on s’aperçoit que le jour concerné est bel et bien le 21. Et ici, en additionnant tous les points gravés sur le disque, on arrive à un total de 2012. Ça ne fait aucun d’août, c’est du 21 décembre 2012 dont il s’agit. C’est mort pour Noël cette année.

Mais pourquoi tant de haine de la part de ce peuple mystérieux qui demeure vraiment inca ? Peut-être est-ce dû à son histoire. Et surtout à ses mauvaises rencontres historiques avec les Espagnols, notamment Cortès le conquistador. Il aimait tellement les habitants des Amériques que tous les jours, il ne pouvait se passer de son aztèque haché quotidien. La vengeance étant un plat qui se mange froid, les aztèques ont gravé la leur dans le marbre, en y ajoutant même la date. En espérant simplement que cette prédiction nous fasse vraiment mûrir, pour en finir une bonne fois pour toutes avec les prophéties catastrophiques. Et pis moi, ça m’arrange : j’ai déjà payé ma loc pour les vacances de Noël.

Halte aux culs nus des pandas

A l’Assemblée, au Sénat et dans les mairies, on ne parle que de ça, on ne pense qu’à ça : aux culs nus des pandas. Députés, sénateurs et maires sont excités rien qu’à l’évocation de cette intimité singulière. De tous les partis même, on ne rêve que d’assouvir sa passion de ces fameuses parties.

Cette adoration exclusive de nos zélés zélus confine à l’obsession malsaine. C’est à celui qui en possédera le plus. Mais qu’ont donc de plus les culs nus des pandas ? Et pourquoi vouloir absolument les collectionner comme on collectionne les aventures ?

D’abord, la plupart des élus concernés, si ce n’est tous, veulent jouir sans limite de leurs prérogatives. Et plus ils ont de culs nus de panda à tripoter et plus ça chatouille leur égo. C’est cul FD. Certains, plus obsédés que les autres, se disent comme pénétrés par une grâce politique insufflée par leurs multiples élections. Car à chaque érection gagnée, c’est autant de culs nus de panda de conquis.

Ensuite, tous les élus concernés ne sont pas partageurs. Eux ce qu’ils veulent, c’est la jouissance exclusive des pandas. Et plus ils possèdent de culs nus, plus ils ont de plaisir à en abuser.

Mais à côté de ça, les pandas ne sont pas heureux. Pour un panda, avoir un seul et même propriétaire restreint les expériences sociales et appauvrit les idées politiques. D’autant plus si le propriétaire le garde longtemps en captivité. Et puis montrer tous les jours son cul nu, c’est quand même pas très excitant. Surtout en vieillissant.

Résultat, l’élu qui croyait vivre un grand et long amour avec ses culs nus de panda, s’étiole, perd en enthousiasme et gagne en conformisme. Et puis arrivera le jour tant redouté où il ne pourra plus satisfaire ses chers pandas, à la suite d’une érection perdue ou d’une période décès confirmée. Les pandas retourneront alors dans la nature en espérant ne plus avoir à montrer leur cul nu pour faire de la politique.

Et pendant ce temps-là, aucun dirigeant n’a encore réussi à cumuler le moindre mandat pour intervenir en Syrie.

Le cumul des mandats est une addiction grave pour la démocratie. Le site cumul-info-service aide les élus cumulards à arrêter de cumuler>>>

Chez Loué, on poussin peu trop.

Dieu soit loué, ce n’est pas une coquille : on a vraiment utilisé du vrai poulet fermier pour faire la pub de poulets fermiers ! Parce que chez Loué, on est pas des poules mouillées. Nous quand on vend nos poulets, on fait ça dans les (uni)formes.

Alors pour le côté volaille, on a pris un beau blanc de poulet de 70 kg avec un sourire niais au bec. On lui a mis un képi pour faire moderne et aussi pour pas qu’on voie qu’il était déplumé. Et pour le côté fermier, on a pris un tracteur récent qu’on a repeint en orange pour faire modem, avec un pin-pon bleu que l’on écrit aussi Paimpont du côté de Rennes. Et pour être sûr qu’on était bien à Loué (72) et non pas à Vendres (34), on a mis la pancarte allouée à Loué.

Et puis après, on a fait asseoir le poulet sur le tracteur et voilà : on avait notre poulet fermier authentique dans notre campagne de pub. Vous pensez qu’on poussin peu trop?

Perso, je pense que chez Loué, on doit certainement couver quelque chose. Parce que pour nous pondre une affiche de pub comme celle-là, faut pas avoir froid aux œufs. Eriger en blague de carambar la qualité d’un poulet, fallait vraiment avoir un coup dans l’aile.

Il ont tous les pouvoirs, vont-ils pouvoir ?

Le combat allait être hollywoodien comme il se doit. La blancheur rose allait triompher de la noirceur bleue. La victoire ne faisait donc aucun doute même si on était au mois de juin. On allait mordre la poussière, se casser les dents, se manger une torgnole, déguster les gnons. Tout cela ne faisait aucun d’août en ce mois de juin.

A ma gauche : une armée adroite de super Ayrault prêt à en découdre. A ma droite : une meute dépareillée au style gauche avec des super zéros prêts à recoudre leurs plaies. Les deux camps se firent face, les noms d’oiseau volèrent bien bas. Juste avant de faire le siège du siège tant convoité. La bataille fit rage et même outrage quand, souvent, la ligne de front fut dépassée sur la droite. La fin étant connue d’avance, le résultat confirma ce que l’on savait déjà. Un grand nombre de députés devinrent dépités. SpiderMam ne réussit pas à retisser sa toile. L’Homme gai en Général redevint l’homme Guéant Caporal. Rama resta en rade et Nadine l’harengère s’agenouilla même devant Anchois Hollande. Résultat : l’assemblée est devenue le dernier bastion à passer l’arme à gauche, après les régions et le Sénat.

Aujourd’hui, pour la première fois, le pouvoir en place a tous les pouvoirs. Va-t-il pouvoir en faire quelque chose ? On l’espère ce serait notre crise cerise sur le gâteau.

51,64% des français sont hollandais

A peine passée, l’élection du nouveau président de la France crée la polémique. En effet, au vu des résultats officiels, il semblerait que les vrais français soient minoritaires dans leur propre pays. Alors que les vrais hollandais, eux, ont mis à bas le pays en sortant le président sortant.

Qui sont ces faux français qui ont majoritairement migré légalement vers les bureaux de vote, ce dimanche 6 mai 2012 ? Le ministère de l’Immigration n’en sait rien. Ou plutôt, il se réfugie dans le silence car il est avéré de souche sûre que les hollandais ne sont pas étrangers à l’expulsion de Nicolas Sarkozy. Des hollandais français !! La frontière est bien mince entre consternation et stupéfaction.

Certains diront que ce n’est pas parce que tous les chemins mènent aux roms que le pays doit se laisser envahir par une horde d’étranges jets de bulletins de vote. Les autres, la majorité, répondront avec le sourire que la France, on l’aime et on l’acquitte. C’est ça le changement de la France forte.

Squelette drôle la vie

Par une belle matinée maussade, alors que je vélibais d’un pas nonchalant le long du boulevard Henri IV, entre Seine et Bastille, les pensées du moment emplies de questionnements bassement électoralistes où il était question de ne pas voter pour le président sortant dès le premier tour, je fis une macabre découverte. Après une telle longue phrase, je décidai ensuite de sauter une ligne pour permettre au lecteurnaute de reprendre son souflle après cette macabre découverte.

Là, allongé sur le trottoir, gisait un squelette. Et comble de l’horreur : il était rose et offrait sans complexe son anatomie aux regards des passants. Stupéfait par cet exhibitionnisme sans chair et en os, j’arrêtai le vélo gris, en descendis et m’avançai avec prudence jusqu’aux pieds de l’ossature afin de mieux la dévisager de droite vers la gauche, toujours en accord avec mes convictions électoralistes décrites ci-dessus. La représentation était de bonne fracture, la gestuelle de marbre. A en juger par l’élégance du sujet et au fait qu’il ne perdait pas encore les os, j’en déduisis qu’il devait être certainement en début de grossesse.

Aussitôt cette constatation faite, mon regard se porta tout naturellement sur sa poitrine dénudée. Le pauvre hère anorexique me playtex plaît-il à penser. On n’y voit que les os, sa cage thoracique proéminente pouvant même laisser entrevoir ses luttes intestines. A cette vision d’effroi, je sus qu’il était temps de reprendre mon chemin vélibesque afin d’arriver à l’heure pour commencer ma journée de travail. Je me devais de respecter les horreurs du bureau.

Veni, vidi, vingt si

Si je m’indigne, est-ce que je serai rentré à l’heure du dîner

Si j’achète un 4×4, est-ce que j’aurai assez décence pour sortir avec

Si je porte la burqa, est-ce que je pourrai la ranger dans la boîte afghan

Si j’achète une Renault, est-ce que je me sentirai plus Ford

Si j’expulse un sénégalais, est-ce que je ferai moins le malien

Si je prends une maîtresse, est-ce que je serai pénis comme je le mérite

Si je délocalise en Chine, est-ce que je pourrai encore vendre au pékin moyen

Si je critique la politique israélienne, est-ce que je perdrai Palestine de moi

Si je travaille pour Bouygues, est-ce que je me ferai prendre Dassault

Si je parle la langue de bois, est-ce que je serai toujours aussi sciure de moi

Si je vote Sarko, est-ce que ma vie sera plus Guéant général

Si je soutiens le nucléaire, est-ce que mon nom sera radié

Si je pars en Grèce, est-ce que je serai pris pour une poire belle hellène

Si je fais la révolution, est-ce que Syrie préhensible

Si je deviens trader, est-ce que je pourrai reprendre une part de cake 40

Si je donne pas au Téléthon, est-ce que j’aurai l’air d’un Enfoiré

Si je touche le smic, est-ce que je serai patron pris pour un con

Si je crois en dieu, est-ce que je serai un Mecque différent

Si je crois plus en l’homme, est-ce que le doute ma bite

Si je finis dévoré par mes chiens, est-ce que j’aurai Frolic la catastrophe

Je viens encore de me faire virer.

Salaire de rien, mais de nos jours, être viré procure chez l’employé assimilé cadre que je suis, un agréable sentiment d’allégresse, même si à Athènes on le ressent beaucoup moins aujourd’hui et que le Pirée déjà là. Au vu du contexte économique, je vais pas me plaindre et j’en profite pour accepter la déprime de fin d’année promise depuis longtemps.

Le virement de faim de mois – contrairement au virement de fin de moi qui lui ne se renouvelle pas – est une preuve tangible de l’amour intangible que me porte mon entreprise. Avec tout ce qu’on entend dans le poste au 20 heures : les températures qui chutent, la bourse qui dégringole, le fossé qui se creuse et les soldes qui tombent à pic, il est bon de savoir que l’on sera viré tous les 30 jours sauf en février qui est hétérossextile bissextile.

Alors du coup, je me prends à rêver d’éternité au sein de mon open space désincarné mais bien tranquille finalement. Je me mets à croire en mon destin ambitieux pour devenir assistant-en-second-adjoint, je pétille à l’idée de cotiser jusqu’au bout mes trimestres pour la retraite, je savoure à l’avance les carnets de tickets restaurant qui me seront distribués tous les mois. Je salue presque mon employeur de travailler à mon plein emploi. Mais bon, faut patron en faire non plus. Déjà remercions ce virement qui n’est pas un licenciement.