Mister Jekyll

Entrée de juin 2009

L’homme qui poussait le bouchon un peu loin

juin 16, 2009 · Un commentaire

pecheur

Par un joyeux début d’après-midi de flânerie, à l’heure où la bise fraîche de juin laissait enfin la place  aux chaleurs estivales prometteuses, je m’enivrais de balades langoureuses le long du canal Saint-Martin. Les quais et leurs gros pavés cabossés, les platanes centenaires, le courant léger des eaux douces, j’étais à Paris, j’étais ailleurs.

Je goûtais la tiédeur de l’air avec gourmandise. Je sentais la douce odeur de vase du canal. Je captais les fragrances des plantes en pot des fenêtres. L’esprit vagabond, je m’imaginais sur les berges de la Vilaine à la Roche-Bernard, de l’Odet à Quimper, de l’Auray à Saint-Goustan, de l’Aven à Pont-Aven…  J’étais breton par procuration.

Et puis, de loin, je l’ai aperçu. Perdu dans mes navigations internes, je l’ai d’abord cru issu de mes divagations. Sa silhouette se rapprochant lentement, je me suis ressaisi. Les bottes, le couvre-chef, la veste paramilitaire, la besace et la canne : tout devint limpide. Un pêcheur séculaire avait traversé l’espace-temps pour taquiner le goujon le long du canal Saint-Martin de Vilaine sur Odet d’Auray sur Aven.

La vision campagnarde avait toute sa place dans le décor.  D’un pas nonchalant, le pêcheur glissait doucement le long du quai, comme une embarcation se laissant guider par le fil de l’eau. Et moi, je savourais ce moment parisien inespéré.

Et quand il est passé tout à côté de l’interdiction, j’ai mordu à l’hameçon, et à pleines dents.

Catégories : De-ci de-là
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Des corps nichons pour le jus d’orange E. Leclerc

juin 11, 2009 · 5 commentaires

Bon, reprenons. On a un produit classique : le jus d’orange. Ou plutôt, la boisson à l’orange. Bah ouais, faut pas déconner. C’est orange, ça a le goût de l‘orange mais c’est pas de l’orange. Hé ho, on est chez E. Leclerc, hein !  On vend pas de la daube pour richards, nous.

Donc une boisson que tout le monde connaît et que nous, chez E. Leclerc, on aimerait bien refourguer le plus possible, histoire  de se goinfrer le plus possible. Bah ouais, on veut se faire du liquide avec du jus, ça coule de source, non ?

 Alors comment qu’on s’y prend-t-y ?

 • On pourrait faire un spot de pub à la télé.

 • Vi, vi et on pourrait aussi dire, enfin faire croire, que nos produits sont les plus beaux, les plus meilleurs, les plus qui font kiffer grave. Genre avec des gens qui en buvraient et qui l’aimeraient et qui souriraient.

 • Pas con, pas con. Et on irait faire le film aux Seychelles sur la plage de Dunkerque parce que ça coûte moins cher.

 • C’est bon ça. Et on mettrait les boissons en valeur grâce à un truc qui plairait à tous.

 • Heu… Quoi comme truc ?

 • Bah par exemple, on mettrait les boissons sur le capot d’une grosse voiture américaine. Bien en évidence. Et ça ferait saliver.

 • Attends attends, on pourrait faire autre chose de plus complètement ouf. Ça serait des nanas qui se serviraient en boisson à l’orange. Elles seraient habillées en bikini et on verrait leurs seins qui gigotent quand elles boiraient la boisson avec leur paille.

 • Et pis elles souriraient et les gens se diraient que la boisson est super bonne, comme les trois nanas. Et tout le monde voudrait en acheter.

 
Hé ho, on est chez E. Leclerc, hein ! Nous, la pub en daube, on en fait tous les jours. Nous ce qu’on veut, c’est la satisfaction du client, hein. Et si on avait pu, les soutifs, on les aurait virés. Les seins nus, ça fait encore plus vendre.

Et même l’idée de base, c’était que les 3 nanas s’embrassent avec fougue et se caressent en faisant couler le liquide orange sur leurs seins. Avec en gros plan, le jus d’orange.

Bah ouais, chez E. Leclerc, l’image de la femme, c’est super important. Ça fait hypermarcher le commerce.

Catégories : Langue de pub
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Les zurnes ont parlé

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

urne

 
Bah voilà c’est fait. Les voix des zélecteurs viennent de nous montrer la voie pour les zélections zeuropéennes.

Seulement voilà, les zurnes n’ont été remplies qu’à 40% seulement. Y a des pays où on les bourre mais en France en particulier, et en Europe en général, on est à la bourre pour les remplir. Dommage.

Surtout que vu l’actu et le contexte, on se disait que tiens, en France, où on est tout sauf des veaux, on allait montrer ce qu’on pense des mauvaises manières de la classe dirigeante adroite. Les licenciements massifs (Conti et consorts), l’état policier (Sarkozy je te vois), l’hyperlibéralisme de l’hyperprésident, la faillite des financiers, les manifs de désespoir… Tout ça, tout ça, ça allait enfin s’exprimer dans les zurnes, pensait-on. Surtout européennes, plus adroites encore.

Hé bin non. Tout ça, tout ça n’a rien donné. Tout s’est passé comme si. Et en France où on n’est pas des veaux, on a veauté comme il faut.

Bon c’est vrai, la faute aux leaders gauches, aux zambitions éparpillées, aux discours zinsignifiants, aux zozos de la politique, aux zabstentionnistes…

Côté résultats, pour les 4 premières listes, ça nous donne donc ça :
UMP : 27,9%
PS : 16,5%
Europe Ecologie : 16,3%
MoDem : 8,5%

On est d’accord que ces résultats ne concernent que les 40% des zélecteurs qui ont voté. Manque 60% de zélecteurs qui n’ont pas voté. Alors si on ramenait ça à 100%, combien ça ferait ? Facile :
UMP : 11,16%
PS : 6,6%
Europe Ecologie : 6,52%
MoDem : 3,4%

Bon ça relativise.
Mais nous n’en demeurons pas moins tous européens.
De droite comme de gauche.

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Le char de la place Tian’anmen qui tint tête à un seul homme

juin 2, 2009 · Un commentaire

Bon anniversaire ! Ça fait tout juste 20 ans que les relations commerciales avec la Chine se sont normalisées. Mais il s’en est fallu de peu pour que les grands industriels français ne soient bridés dans leurs délocalisations. En effet, début juin 1989, des étudiants malintentionnés et résolument anti-occidentaux avaient envahi la place Tian’anmen pour conspuer le gouvernement élu démocratiquement. Depuis 1968, l’étudiant, qu’il soit d’ici ou de là-bas, est volontiers provocateur et s’agite toujours volontiers pour protester contre le pouvoir en place, surtout Tian’anmen pour le sujet qui nous intéresse.

Sensible et sociable, l’étudiant, tel un pékin moyen, s’était réuni en bande pour proférer des slogans abscons tout en levant le poing. Fort heureusement, les autorités chinoises ont su prendre les mesures adéquates pour que cesse ce rassemblement de jeunes désoeuvrés, en envoyant des chars sur place, toujours Tian’anmen.

Et là, un étudiant déviant a voulu traverser le cordon policier mis en place Tian’anmen. C’était sans compter sur la présence d’esprit et le courage du conducteur du char n° 1 qui a, dans un premier temps, coupé la route au forcené. Celui-ci a voulu contourner prestement  le véhicule blindé armé. Mais encore une fois, le conducteur du char n° 1 a été le plus rapide et lui a coupé la route à nouveau, avec une bravoure incroyable. L’étudiant s’est énervé, a vociféré des insanités, continué sa démarche. Mais le conducteur de char n° 1 a toujours été le plus rapide pour lui bloquer le passage. Ce véritable héros a fait face à la situation avec un sang-froid remarquable. Au final, l’étudiant n’est pas passé. Peut-être même a-t-il trépassé…

Rappelons-nous simplement qu’il y a des images que le monde n’est pas prêt d’oublier. A part peut-être les VRP multicartes de nos démocraties confiantes et endormies. Et qu’il existe des hommes épris de liberté qui n’ont que faire des grosses chenilles sanguinaires. Bon anniversaire à toi, l’Inconnu de la place Tian’anmen !

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