Mister Jekyll

Avoir à voir

novembre 12, 2009 · 2 commentaires

J’ai payé les factures
J’ai fait réviser la voiture
J’ai refait les peintures
J’ai repris de la friture

J’ai lancé une machine
J’ai repensé la cuisine
J’ai retrouvé ma veste marine
J’ai rêvé de la voisine

J’ai réglé en espèces
J’ai remis les outils dans la caisse
J’ai suivi une paire de fesses
J’ai trouvé une pièce

J’ai fait les carreaux
J’ai rempli le frigo
J’ai lavé les rideaux
J’ai découpé les poireaux

J’ai allumé l’ordi
J’ai fait le lit
J’ai pris un crédit
J’ai joué à la wii

J’ai arrosé les plantes
J’ai lu un peu Kant
J’ai fait briller les jantes
J’ai ciselé de la menthe

J’ai papoté sur facebook
J’ai dansé sur du zouk
J’ai mis le souk
J’ai éteint l’ibook

J’ai descendu les poubelles
J’ai sifflé une ritournelle
J’ai pensé à la bagatelle
J’ai mis du sel

J’ai sorti le gratin
J’ai roulé un patin
J’ai été cherché le pain
J’ai rêvé à des seins

J’ai fait des nouilles
J’ai touché mes couilles
J’ai enlevé la rouille
J’ai changé la douille

J’ai passé l’aspirateur
J’ai bu deux planteurs
J’ai commencé à l’heure
J’ai manqué de beurre

J’ai rangé le café
J’ai cassé le saladier
J’ai perdu les clés
J’ai repris du taboulé

J’ai laissé un post-it
J’ai fait une otite
J’ai interrompu un coït
J’ai vu une amanite

J’au fait la cour
J’ai fait l’amour
J’ai fait un tour
J’ai vu le jour

J’ai corrigé mon texte
J’ai pensé sexe
J’ai levé mon index
J’ai mis du typex

J’ai posé mes vacances
J’ai senti une fragrance
J’ai crié silence
J’ai sorti ma science

J’ai essuyé une larme
J’ai écouté mon âme
J’ai maté une femme
J’ai rendu les armes

J’ai commandé un demi
J’ai enfilé mon costard gris
J’ai dormi jusqu’à midi
J’ai eu des ennuis

Et j’ai continué
Et j’ai accumulé
Et j’ai additionné
Et j’ai photocopié
Et j’ai démultiplié
Et j’ai accéléré
Et j’ai paniqué

Je me suis fait avoir

→ 2 Commentaires Catégories : M le mot dit
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Qu’est-ce qu’on pourrait faire avec 533 millions ?

novembre 10, 2009 · 3 commentaires

Pour le commun des traders, 533 patates c’est un bonus minus. Mais pour le citoyen français lambda, d’origine grecque ou non, 533 millions d’euros c’est une sacrée méga cagnotte de loto.

On pourrait en faire des choses avec cette somme-là ! Par exemple, on pourrait construire une jolie tour à la Défense en hommage au prince Jean, celui qui Epad tout le monde par sa précocité. On pourrait acheter deux licences mobiles 3G pour concurrencer Free qui va concurrencer les 3 opérateurs immobiles. Rio un peu : on pourrait aussi s’envoyer en l’air avec 3 Airbus A380.

Mais le truc le plus dingue qu’on pourrait faire, ça serait de financer toutes les expulsions des étrangers en situation irrégulière sur un an. Bah, c’est exactement ce que fait le ministère de l’Immigration, dont le fier représentant garde toujours ses papiers dans la boîte afghan de sa voiture.

T’imagines ? Un demi-milliard pour traquer, arrêter, gardienner, nourrir, entretenir, juger et faire voyager quelque 20 000 migrants seulement qui ne demandent rien d’autre qu’à s’expulser de la mouise d’où ils sont nés par hasard ! Migre Bigre ! Et ça, c’est la Cimade, association d’aide aux migrants, qui l’explique dans le Figaro.

Mais que fait la police pendant ce temps-là ? Elle reconduit à la frontière, tiens.

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Ça va coma lundi

novembre 2, 2009 · Un commentaire

dormeurs

Je sais pas ce qui m’est arrivé. J’étais tranquillement en train de suivre les cours de la bourse de mon livret A, là tranquillement comment je viens de l’écrire, et puis comme soudain, paf, comme dans l’histoire de Paf le Chien. Ou encore pouf, comme dans l’histoire de Pouf le fauteuil.

Non pas que la promesse des fabuleux bénéfices annuels à 1,25% de mon épargne me faisaient miroiter des jours meilleurs, mais que tout à coup, paf ou pouf : il s’est passé plusieurs semaines. Là comme ça.

Le temps d’un clignement de paupières, d’un claquement de doigts, je me suis retrouvé aujourd’hui. En un millième de seconde, plusieurs semaines se sont écoulées. Qu’avais-je fait de ces journées ? Comment avais-je traversé le quotidien ? Dans quel état avais-je erré ? Qui avais-je côtoyé ? Où étais-je allé ? Dans quel état j’errais-je ?  Comment occupais-je mon temps ? Où avais-je la tête ? Dans quel état gérais-je, même si je pense que ça va être dur d’écrire ce fameux jeu de mot pas commode tant que je ne me questionnerai pas au présent ?

Pour tout dire, un doux coma a pris possession de mon corps et de mon esprit. Et moi, tout engourdi de paresse et de procastrination pocrastisnation protrasnination tendance à tout remettre au lendemain, je me suis laissé porter par le courant.

Somnolent mais éveillé, assoupi mais lucide, béat mais pas sot, j’ai virevolté de-ci de-là. Jusqu’à ce lundi. Mais maintenant que je me suis réveillé, les affaires vont reprendre. D’ailleurs, depuis le temps, j’ai déjà amassé 3,04 euros grâce aux bénéfices de mon livret A, qui lui ne s’est pas endormi.

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L’homme qui poussait le bouchon un peu loin

juin 16, 2009 · Un commentaire

pecheur

Par un joyeux début d’après-midi de flânerie, à l’heure où la bise fraîche de juin laissait enfin la place  aux chaleurs estivales prometteuses, je m’enivrais de balades langoureuses le long du canal Saint-Martin. Les quais et leurs gros pavés cabossés, les platanes centenaires, le courant léger des eaux douces, j’étais à Paris, j’étais ailleurs.

Je goûtais la tiédeur de l’air avec gourmandise. Je sentais la douce odeur de vase du canal. Je captais les fragrances des plantes en pot des fenêtres. L’esprit vagabond, je m’imaginais sur les berges de la Vilaine à la Roche-Bernard, de l’Odet à Quimper, de l’Auray à Saint-Goustan, de l’Aven à Pont-Aven…  J’étais breton par procuration.

Et puis, de loin, je l’ai aperçu. Perdu dans mes navigations internes, je l’ai d’abord cru issu de mes divagations. Sa silhouette se rapprochant lentement, je me suis ressaisi. Les bottes, le couvre-chef, la veste paramilitaire, la besace et la canne : tout devint limpide. Un pêcheur séculaire avait traversé l’espace-temps pour taquiner le goujon le long du canal Saint-Martin de Vilaine sur Odet d’Auray sur Aven.

La vision campagnarde avait toute sa place dans le décor.  D’un pas nonchalant, le pêcheur glissait doucement le long du quai, comme une embarcation se laissant guider par le fil de l’eau. Et moi, je savourais ce moment parisien inespéré.

Et quand il est passé tout à côté de l’interdiction, j’ai mordu à l’hameçon, et à pleines dents.

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Des corps nichons pour le jus d’orange E. Leclerc

juin 11, 2009 · 3 commentaires

Bon, reprenons. On a un produit classique : le jus d’orange. Ou plutôt, la boisson à l’orange. Bah ouais, faut pas déconner. C’est orange, ça a le goût de l‘orange mais c’est pas de l’orange. Hé ho, on est chez E. Leclerc, hein !  On vend pas de la daube pour richards, nous.

Donc une boisson que tout le monde connaît et que nous, chez E. Leclerc, on aimerait bien refourguer le plus possible, histoire  de se goinfrer le plus possible. Bah ouais, on veut se faire du liquide avec du jus, ça coule de source, non ?

 Alors comment qu’on s’y prend-t-y ?

 • On pourrait faire un spot de pub à la télé.

 • Vi, vi et on pourrait aussi dire, enfin faire croire, que nos produits sont les plus beaux, les plus meilleurs, les plus qui font kiffer grave. Genre avec des gens qui en buvraient et qui l’aimeraient et qui souriraient.

 • Pas con, pas con. Et on irait faire le film aux Seychelles sur la plage de Dunkerque parce que ça coûte moins cher.

 • C’est bon ça. Et on mettrait les boissons en valeur grâce à un truc qui plairait à tous.

 • Heu… Quoi comme truc ?

 • Bah par exemple, on mettrait les boissons sur le capot d’une grosse voiture américaine. Bien en évidence. Et ça ferait saliver.

 • Attends attends, on pourrait faire autre chose de plus complètement ouf. Ça serait des nanas qui se serviraient en boisson à l’orange. Elles seraient habillées en bikini et on verrait leurs seins qui gigotent quand elles boiraient la boisson avec leur paille.

 • Et pis elles souriraient et les gens se diraient que la boisson est super bonne, comme les trois nanas. Et tout le monde voudrait en acheter.

 
Hé ho, on est chez E. Leclerc, hein ! Nous, la pub en daube, on en fait tous les jours. Nous ce qu’on veut, c’est la satisfaction du client, hein. Et si on avait pu, les soutifs, on les aurait virés. Les seins nus, ça fait encore plus vendre.

Et même l’idée de base, c’était que les 3 nanas s’embrassent avec fougue et se caressent en faisant couler le liquide orange sur leurs seins. Avec en gros plan, le jus d’orange.

Bah ouais, chez E. Leclerc, l’image de la femme, c’est super important. Ça fait hypermarcher le commerce.

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Les zurnes ont parlé

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

urne

 
Bah voilà c’est fait. Les voix des zélecteurs viennent de nous montrer la voie pour les zélections zeuropéennes.

Seulement voilà, les zurnes n’ont été remplies qu’à 40% seulement. Y a des pays où on les bourre mais en France en particulier, et en Europe en général, on est à la bourre pour les remplir. Dommage.

Surtout que vu l’actu et le contexte, on se disait que tiens, en France, où on est tout sauf des veaux, on allait montrer ce qu’on pense des mauvaises manières de la classe dirigeante adroite. Les licenciements massifs (Conti et consorts), l’état policier (Sarkozy je te vois), l’hyperlibéralisme de l’hyperprésident, la faillite des financiers, les manifs de désespoir… Tout ça, tout ça, ça allait enfin s’exprimer dans les zurnes, pensait-on. Surtout européennes, plus adroites encore.

Hé bin non. Tout ça, tout ça n’a rien donné. Tout s’est passé comme si. Et en France où on n’est pas des veaux, on a veauté comme il faut.

Bon c’est vrai, la faute aux leaders gauches, aux zambitions éparpillées, aux discours zinsignifiants, aux zozos de la politique, aux zabstentionnistes…

Côté résultats, pour les 4 premières listes, ça nous donne donc ça :
UMP : 27,9%
PS : 16,5%
Europe Ecologie : 16,3%
MoDem : 8,5%

On est d’accord que ces résultats ne concernent que les 40% des zélecteurs qui ont voté. Manque 60% de zélecteurs qui n’ont pas voté. Alors si on ramenait ça à 100%, combien ça ferait ? Facile :
UMP : 11,16%
PS : 6,6%
Europe Ecologie : 6,52%
MoDem : 3,4%

Bon ça relativise.
Mais nous n’en demeurons pas moins tous européens.
De droite comme de gauche.

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Le char de la place Tian’anmen qui tint tête à un seul homme

juin 2, 2009 · Un commentaire

Bon anniversaire ! Ça fait tout juste 20 ans que les relations commerciales avec la Chine se sont normalisées. Mais il s’en est fallu de peu pour que les grands industriels français ne soient bridés dans leurs délocalisations. En effet, début juin 1989, des étudiants malintentionnés et résolument anti-occidentaux avaient envahi la place Tian’anmen pour conspuer le gouvernement élu démocratiquement. Depuis 1968, l’étudiant, qu’il soit d’ici ou de là-bas, est volontiers provocateur et s’agite toujours volontiers pour protester contre le pouvoir en place, surtout Tian’anmen pour le sujet qui nous intéresse.

Sensible et sociable, l’étudiant, tel un pékin moyen, s’était réuni en bande pour proférer des slogans abscons tout en levant le poing. Fort heureusement, les autorités chinoises ont su prendre les mesures adéquates pour que cesse ce rassemblement de jeunes désoeuvrés, en envoyant des chars sur place, toujours Tian’anmen.

Et là, un étudiant déviant a voulu traverser le cordon policier mis en place Tian’anmen. C’était sans compter sur la présence d’esprit et le courage du conducteur du char n° 1 qui a, dans un premier temps, coupé la route au forcené. Celui-ci a voulu contourner prestement  le véhicule blindé armé. Mais encore une fois, le conducteur du char n° 1 a été le plus rapide et lui a coupé la route à nouveau, avec une bravoure incroyable. L’étudiant s’est énervé, a vociféré des insanités, continué sa démarche. Mais le conducteur de char n° 1 a toujours été le plus rapide pour lui bloquer le passage. Ce véritable héros a fait face à la situation avec un sang-froid remarquable. Au final, l’étudiant n’est pas passé. Peut-être même a-t-il trépassé…

Rappelons-nous simplement qu’il y a des images que le monde n’est pas prêt d’oublier. A part peut-être les VRP multicartes de nos démocraties confiantes et endormies. Et qu’il existe des hommes épris de liberté qui n’ont que faire des grosses chenilles sanguinaires. Bon anniversaire à toi, l’Inconnu de la place Tian’anmen !

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Scandale : le chef du gang des épiciers libéré !

mai 29, 2009 · Un commentaire

arrestationJC

Le terroriste Julien Coupat vient de sortir de prison. Le célèbre épicier qui a porté atteinte à la sûreté de l’état a été aujourd’hui l’épice-centre d’un tsunami médiatique.

Cette libération est sarkozystement incompatible. Il doit évidemment s’agir d’une erreur de procès dur. D’ailleurs le Parquet, dont les dents rayent le plancher du Ministère de l’Intérieur, va très certainement faire appel à la délation.

Honte à mon pays ! Comment un tel scandale a-t-il pu se produire dans notre République ? Quelles pressions inavouables et secrètes les ultragauchistes ont-ils exercé à l’encontre de nos merveilleuses élites gouvernantes ? Quelles odieuses tractations ont-elles été négociées ? Comment se peut-il qu’un terroriste de cet acabit soit libéré au bout de 6 mois, sans qu’aucune charge ne pèse contre lui ? Mais que font ces jeunes cagoulés bienveillants qui excellent dans l’art du contre-terrorisme ? Toutes ces questions méritent des réponses claires.

La Nation vous regarde, M’am la Ministre. Un épouvantable complot est certainement en train de se tramer et vous ne pouvez rien dire pour déraison d’état. Nous le comprenons parfaitement et respectons votre silence, preuve que tout est orchestré en coulisse pour faire retourner le dangereux épicier dans son casier judiciaire et non dans sa cellule terroriste.

Ce Julien Coupat, le cerveau du gang des épiciers, doit payer pour ses crimes. Que la magistrature envoie à ses trousses ses meilleurs professionnels du barreau. Comme le juge outré Fabrice Burgaud, qui sait si bien faire l’enfant face à ses pairs ; ou encore l’efficace procureur Pierre Hontang, redoutable magistrat de haut vol de carte bancaire ; ou encore le juge Philippe Zamour, inébranlable dans ses convictions. Si, si c’est des bons. Gougeulise-les et tu verras !

Ce Julien Coupat, dont les initiales ne sont pas sans rappeler celles d’un autre dangereux meneur d’hommes, apôtre de l’ultragauche lui aussi, ose même proféré des menaces, dont la syntaxe crypto-socialo-machinchosiste ne laisse planer aucun doute :
« Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d’autres termes : la situation est excellente. Ce n’est pas le moment de perdre courage. »

Autrement dit, si on arrête pas dans les plus brefs délais les agissements terroristes de Julien Coupat, c’est lui qui tarnac.

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Plus belle la vie

mai 27, 2009 · Laisser un commentaire

Si je m’écoutais, je m’achèterais une maison.
Un beau pavillon, dans la banlieue, zone 5.
Là où il y a des autoroutes A1, A3, A4, A6, A86 qui vont direct à la capitale en moins de deux heures la semaine.
Des quatre voies larges comme des boulevards staliniens.
Et un trafic qui serait un sujet de discussion le matin en arrivant au boulot et le soir en en repartant.

Ma maison, elle serait belle. Très.
Je pourrais faire le bruit que je veux puisqu’il n’y aurait pas de voisin comme en appartement.
On la reconnaîtrait de loin, jusque de la zup.
Elle aurait un jardin et du gazon comme de la moquette épaisse.
Comme celle qu’on voit dans les feuilletons américains.

Ma maison serait bien aménagée.
Je la meublerais avec soin.
J’irais chez conforama et chez darty.
Et puis chez ikéa forcément.
Ça serait pratique puisque j’habiterais juste à côté de la zone commerciale.
J’achèterais un beau canapé clic-clac, très utile quand il y aurait du monde qui viendrait coucher à la maison.
Je prendrais celui avec les motifs à fleurs.
Ça ferait plus rustique, comme à la campagne.

Je m’équiperais aussi en électroménager.
Un frigidaire qui ferait aussi des glaçons pour prendre l’apéro avec les amis qui viendraient des fois.
Un écran plasma qui serait tellement grand que le crédit cetelem pour l’acheter il durerait au moins le même temps que pour une voiture.
Un ordinateur portable avec le wifi qu’on pourrait utiliser où on veut dans la maison pour faire ses courses chez carrefour, priceminister et ebay.
Et qui serait aussi pratique pour aller sur facebook parce que tout le monde va sur facebook.
Et puis je poserais aussi mon iphone sur la table du salon bien en évidence pour bien qu’on voit que j’ai un iphone.

Je mettrais aussi un bar dans le salon pour quand je recevrai des amis.
Dedans j’y mettrais plein des bouteilles.
Il y aurait tout ce qu’il faut pour que quand quelqu’un viendrait, il trouve tout ce qu’il veut quand je lui demanderais à boire.

Devant le canapé, je mettrais une petite table basse.
Dessus, je mettrais un napperon et un cendrier en verre par-dessus pour faire joli et pour que ça serve quand il y aurait un ami qui fume qui viendrait à la maison.
Des fois, je pourrais même y mettre aussi un vase en verre qui irait avec le cendrier avec des fleurs dedans.
Comme ça, si c’est une amie qui viendrait, ça ferait encore mieux.
En plus, elles iraient avec les motifs du canapé.

Ça ferait encore plus rustique, comme à la campagne.
Ça serait comme qui dirait un ensemble.
Alors je mettrais des rideaux aux fenêtres.
Puis des doubles rideaux.
Ça ferait ressortir les rideaux qui seraient aussi avec les mêmes dessins que le canapé et la petite table basse quand il y aurait le vase en verre avec des fleurs dedans.
Ça ferait encore plus rustique qu’avant.
Ça serait vraiment la campagne.

Je mettrais une nappe en plastique sous la nappe en dentelle.
Je mettrais des dessous de bibelots en crochet sous les bibelots.
Je mettrais une belle couverture de laine sur le canapé en cuir.
Je mettrais le café dans une boîte en fer avec écrit café dessus.
Je mettrais le sucre en morceaux dans une boîte en fer avec sucre écrit dessus.
Je mettrais les spaghettis dans une boîte en plastique transparent.
Je mettrais aussi des patins en cuir.
Et une superbe fausse bûche éclairée dans la cheminée.
Et puis j’aurais deux chiens aussi.
Il y en a un qui s’appelerait Rex et qui serait un gros chien.
Et l’autre, Mimi, qui serait un plus petit.
Ils pourraient aller jouer dans le jardin.
Dans le jardin, je mettrais des petits nains en plastique très mignons.
Avec un joli faux puits en plastique savamment coloré.
Je mettrais une boîte aux lettres avec une girouette amusante.
Je mettrais aussi un grand baromètre qui ferait aussi hydromètre.

Et puis quand j’aurai mis tout ça,
je me mettrai une balle dans la tête.

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Encore un coup de pub

mai 19, 2009 · 2 commentaires

Jusque-là, tout va bien. Je travaille patiemment pour acquérir mes 160 trimestres de cotisation retraite, j’ai encore des tickets resto en stock et je pose mes RTT bien en évidence sur mon bureau aussi souvent que je peux. Bref, je fais carrière dans la pub.

Bien sûr, parfois, il faut être endurant et donner des bons coups de collier quand il faut. On endosse alors la panoplie du bon petit soldat vaillant qui ne dit mot et qui consent. Parce qu’il faut toujours se montrer endurant à la tâche, sinon ça fait tache. Et quand tu fais tache dans l’open space immaculément blanc de l’agence de pub, même si je suis pas sûr que l’adverbe existe, hébin faut faire gaffe qu’on t’efface pas aussi.

Justement, en parlant d’effacer, une très grosse source de revenus de l’agence vient de s’effacer définitivement (un jour, je t’en causerai du 2ème budget publicitaire de France et de N’avare). Une telle évaporation forcément, ça plombe les comptes et ça refroidit les bénefs. Et quand la turne perd de la thune, elle réagit. Bah oui, pisqu’on perd un paquet de grosses coupures, mon agence adorée a décidé de faire une petite coupure dans le paquet des effectifs.

Alors la bosse (mon boss est une femme) a convoqué toute la troupe à la cafète pour qu’on vienne tous boire ses paroles. On a été servis.

Y a d’abord eu les mots à la con : contexte (difficile), conjoncture (mauvaise), confiance (en crise), contrat (perdu), concurrence (touchée aussi).

Ont suivi les mots à la mords-moi l’ne : ne faiblissons pas, ne nous laissons pas aller, ne soyons pas envahis pas la peur, ne nous dispersons pas.

Et pour finir, les mots pour de faux : faut qu’on fasse des choix, faut qu’on continue d’avancer, faut qu’on y croit, faut qu’on licencie. 

Licencie : le gros mot est lâché. A peine sur le sol, le voilà qui rebondit aussitôt, montrant ses crocs menaçants en grognant. Licencie court ventre à terre, bouscule les employés et leurs repères, attrape leurs certitudes, arrache leurs dernières croyances. Puis le gros mot s’arrête. Les sourcils froncés, Licencie fixe droit dans les yeux les employés en riant à gorge déployé. Ceux-ci, inquiets, se font tout petits, espérant que son regard inquisiteur ne se posera pas sur eux, signe certain qu’ils feront partie des malheureux élus. 

Une fois le gros mot évanoui, la cafète devient toute silencieuse. Pas un bruissement de vêtement ni de murmure réprobateur. Le vide acoustique. La bosse sourit maladroitement en une grimace figée. Et puis, l’assemblée apprend par elle que les malheureux élus ont déjà été désignés et prévenus. Ils sont neuf, et pourtant ils ont déjà bien servi la boîte. De discrets soupirs de soulagement envahissent alors doucement la salle de restauration. Et moi, je reprends espoir pour arriver à finir mes 160 trimestres de cotisation retraite. Et dire que j’en suis même pas encore arrivé à la moitié.

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