Mister Jekyll

L’idée qu’on sait fête

février 9, 2010 · Laisser un commentaire

Jusque-là, je suis dans l’étang
Du poireau matin, toute la fournée
Je fais des crèves éveillé
Je reste pire à pleins poumons
Je me surprends à panser à voix haute
Ferré, je suis la voie les jeux fermés
Je me laisse allié au fil de l’eau
Parfois même le doute ma bite
Ménopause aucune résistance

L’esprit émoussé, lame soumise
A mon corps dépendant
Je scrute les fées et gestes
Je me dis « J’erre » sans fin
Ma patience assez limite
Attend que sonneur vienne
Et je continue à faire sans blanc
Je noircis les pages du cas nié
Je me mélange à la nasse
Pour devenir un visible
Lucide, je suis à vide
De sensations mortes

Tout l’espoir, je m’endors dans les bras de morflée
Je fais d’étranges trêves qui ne me mettent en paix

Le four se lève et déjà je suffoque
Je fais des plans sur la moquette
Jeu magique sans arrêt
Je testicule en tous sens
Je rejette les cons promis
Je ne perds pas mon poing de vue
Prêt à bondir le moment velu
Mains serrées dans la nouvelle voie
Etre railleur, loin d’ici
Le choeur en phrase avec l’idée

L’idée qu’on sait fête dans la tête

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1% de la population française en gardes à vue en 2009 !

février 2, 2010 · 2 commentaires

C’est pas moi qui l’invente, c’est pas moi qui l’assène, c’est pas moi qui le fantasme. Non, moi je fais que répéter ce qu’en dit la presse. Et pas la presse de l’ultragauche tarnacaise ou celle de l’européenne écologique verte et pas mûre, hein ? Non, la presse, la vraie, celle qui a des valeurs adroites, j’ai nommé Le Figaro.

Et que dit cet organe excitant bien que non érectile ? Il dit ceci :

« Le ministère de l’Intérieur a admis que 800 000 personnes avaient été gardées à vue en 2009 en France, fermez les guillemets juste après »

Et là, vous captez, on est sur la même longueur d’onde :

La population française est en janvier 2010 de 64,5 millions environ (merci l’Insee). Il y a eu 800 000 gardes à vue, j’arrondis à 645 000 pour faire juste. Et 645 000 ça nous fait quoi ? Ça nous fait 1% de 64,5 millions.

Quoi, tu veux dire que 1 français sur 100 est passé dans les geôles des commissariats pour jouer au ballon ou faire du violon ? Non. Si. Alors, on est mal barreau.

Et là tu t’interroges : « Si z’y sont allés c’est qu’y z’avaient fait des bêtises. »

Hélas, je te réponds : « Certes certes, certains avaient certainement de bonnes raisons d’y faire un tour. Mais pas 800 000 personnes. Ce qui nous fait quand même 2 192 gardes à vue par jour. »

Et là, bien que non encordé et donc libre de mes mouvements, je fais un rappel (merci le site officiel de l’administration française) :

« La garde à vue est une mesure de contrainte par laquelle un officier de police judiciaire (gendarme ou fonctionnaire de police) retient une personne (un suspect) qui, pour les nécessités de l’enquête, doit rester à la disposition des services de police. Une personne ne peut être placée en garde à vue que s’il existe contre elle des raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction. »

Ça nous en fait des infractionnistes. Ou alors l’administration policière ne sait que trop bien dans quelle direction verrou aller, ne nous cachot pas la face.

Et que fait la police pendant ce temps ? Elle se met au garde à vous pour les gardes à vue, pardi !

Et toi tu fais quoi ? Tu files fissa ici pour tout savoir sur tes droits avec ce petit guide pratique si tu fais partie du 1% qui finira en garde à vue en 2010.

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Pour soldes de tout compte

janvier 15, 2010 · 4 commentaires


J’ai fait les soldes d’hiver au Printemps
J’ai bien marché au Bon Marché
J’ai épaté la galerie aux Galeries
J’ai acheté un monoski à Monoprix
J’ai acheté un sex toy chez toy’R’us
J’ai trouvé un BHL au BHV
J’ai traversé le channel pour un Chanel
J’ai été logé à bonne enseigne chez Habitat
J’ai acheté des préservatifs à prix ferme chez Manix
J’ai trouvé de la porcelaine de Limoges à prix cassé
J’ai prix un billet SNCF avec entrain
J’ai joué le jeu chez Casino
J’ai eu les sens éveillés chez Diesel
J’ai acheté chez Hachette
J’ai commandé 3 suisses à La Redoute
J’ai acheté un CD d’un DCD à la FNAC
J’ai pris une livre de livres chez Gibert
J’ai eu la Total chez Esso
J’ai pas décollé de chez Kärcher
Je me suis pas épargné chez ING Direct
J’ai lancé un avis de recherche chez Avis
J’ai irradié de joie chez Areva

Mais,

J’ai fait tapisserie chez Mondial Moquette
Je me suis fait prendre sur Meetic
J’ai été fauché chez Fauchon
Je me suis planté chez Truffaut
J’ai croisé personne chez Carrefour
J’ai rien vu de bien chez Optic 2000
J’ai eu droit à une leçon chez Aubade
J’ai été pris pour une chochotte chez Schott
J’ai fait marche arrière chez Renault
J’ai eu un débit à mettre à mon crédit Cetelem
J’ai été mené en bateau chez Petit Bateau
J’ai pas eu la frite chez Macdo
Je me suis pris une veste chez H&M
J’ai été mis à la porte de Lapeyre
J’ai perdu des heures sur lastminute
J’ai été allumé chez EDF
Je suis tombé dans les pommes chez Apple
J’ai attrapé le syndrome de Stockholm à Ikea
J’ai été tricard chez Ricard
Je me suis pris une baffe chez Bose
J’ai cherché en vin chez Nicolas
J’ai réglé par Carte Bleue chez Carte Noire
J’ai eu tout le loisir d’attendre chez Disneyland
J’ai eu le bec cloué chez Casto
J’ai été bonne pâte chez Barilla
Je suis resté de glace chez Picard
J’ai rien capté chez Canal+
Je suis resté effacé chez Typex
J’ai eu que l’eau à la bouche chez Coca-Cola
J’ai manqué d’adresse à La Poste
J’ai absolument rien trouvé sur Google
Je me suis fait la malle de chez Vuitton
Je suis tombé des nues chez Simone Pérèle

Et je me sens si solde au monde

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Sibérie m’était contée

janvier 7, 2010 · 3 commentaires

Pour le lecteurnaute phonétiquement dyslexique, et dont les racines bourgeonnent du côté de Bourges, la fraîcheur du titre n’évoque en aucun cas le terroir hivernal de cette charmante province berrichonne, à savoir le Berry.

Quant au lecteurnaute nostalgique de la convivialité goulaguesque, la froideur orthographique du sujet en titre a un rapport lointain avec la contrée du même nom.

Donc, tout le monde l’aura compris : le sujet qui nous intéresse est bel et bien Paris. Maintenant, place au post :

A l’heure où même les canards ont un froid d’eux-mêmes, je traversais le canal Saint-Martin par l’une des vieilles passerelles métalliques aux marches de bois burinées par le temps et les passages.

Et puis soudain, là devant moi, un fait d’hiver étonnant s’offre à moi.

Une perspective versaillaise à la sobriété colorielle exemplaire s’ouvre comme un boulevard verglacé en lieu et place de la petite rivière dormante habituelle. Comme gelé dit, une petite banquise s’est couchée dans le lit du canal.

De chaque côté, les platanes centenaires et sans feuillage font comme une haie d’honneur en se regardant dans la glace. Et moi, le nuage de fumée blanche au nez, j’immortalise ce petit air de Sibérie à Paris.

Comme quoi le titre a quand même un rapport avec ce qui est narré.

« V’la-t-y vos stocks ? » me fait remarquer à l’instant un lecteurnaute avisé, à propos des commentaires de ce post.

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Conte défaite de fin damnée

décembre 23, 2009 · 2 commentaires

A l’heure où les sapins se vendent comme des petits pins, au moment où les portefeuilles trépassent quand les mioches trépignent, à l’instant où les gens s’activent comme des dindes pour le réveillon… voici l’heure tant attendue du con, du conte, du conte de Noël.

Bon allez hop, gigot :

Il était une fois un grand papa, une gentille maman et un petit garçon qui habitaient dans une jolie chaumière dans la forêt, avec pour voisins Tilapin le nalligator en peluche et Gropanda le piranha en plus…

Afin de ne pas heurter les âmes sensibles en narrant dans le détail l’affreux bain de sang dans lequel nos trois héros vont bientôt baigner – la faute à la voracité exacerbée de Tilapin et Gropanda et de leur tronçonneuse 5 vitesses modèle Découpator, je propose de bifurquer sur un conte de Noël plus classique dont la moralité irréprochable fera le bonheur des adultes ayant conservé leur âme d’enfant.

Bon allez hop, gigote :

Gare de Chicago, Noël 1941. Léon Scarface, dont le prénom est un astucieux anagramme de Noël, rapport au conte du même nom, dont la narration suit présentement son cours, malgré les digressions lourdes de l’auteur qui revient à son histoire ci-après.

Léon Scarface est accompagné de ses parents. Pour plus de commodités sémantiques, nous les appellerons Léonie et Léonard. Léon ouvre la marche. A part des valises sous les yeux, il porte aussi un étui à violon, accessoire fashion à l’époque. Derrière, soucieux et l’air sévère, Léonie et Léonard suivent et chuchotent à voix basse.

Léonard : Dis-lui toi.
Léonie : Ah non, c’est à toi le père, de lui dire.
Léonard : C’est le rôle d’une mère, tu crois pas ?
Léonie : Du tout. C’est un homme notre Léon, tu dois lui parler.

Le trio se dirige vers le quai 3. Léon, 23 ans, le sourire aux lèvres et la fleur au fusil, va prendre le train qui l’emmènera au port de New York, là où l’attend le bateau qui le conduira en France. Car Léon s’en va rejoindre son unité en ce Noël 1941. Il pense déjà à sa future vie de soldat.

Ses parents n’ont pas pu encore lui avouer l’inimaginable. Maintes fois, ils ont repoussé la terrible révélation. Maintes fois, ils ont redouté ce jour fatidique et ont préféré reculer l’échéance plutôt que d’affronter le désespoir de leur fils. Mais maintenant qu’il part faire le soldat, qu’il est un homme et que c’est Noël, alors il faut lui dire. Ses copains n’auront pas la délicatesse de ses chers parents. C’est pourquoi Léonie et Léonard ne font pas les fiers.

Léonie : Vas-y là. Il va bientôt monter dans le train.
Léonard : On attend encore un peu, hein ?
Léonie : Te dégonfle pas. Faut lui dire.

Tremblant et apeuré, le père pose sa main sur l’épaule de son fils. Celui-ci lui renvoie aussitôt un tendre sourire béat, empli d’un amour filial infini. Le père, honteux, se racle la gorge et se lance :

Léonard : Heu tu sais Léon…
Léon : Oui ‘pa.
Léonard : Voilà, ta mère et moi faut qu’on te dise quelque chose.
Léon : Oui ‘pa.
Léonard : Une chose importante, tu vois.
Léon : Oui ‘pa.
Léonard : Tu sais, c’est pas facile pour nous. On aurait déjà dû en parler depuis longtemps. Et puis tu sais la vie… On repousse et puis on est aujourd’hui. Tu pars faire ton service, tu vas voyager, voir du pays. Et… et puis tu vas faire des rencontres et tout ça. Alors, ta maman et moi on voulait te prévenir…
Léon : De quoi ?
Léonard : Ben… Tu vois mon fils, par exemple les abeilles. Hé bien elles butinent. Elles volent et hop elles se posent sur une jolie fleur. Et puis là, comment te dire, elles sortent leur… Vas-y toi Léonie, dis-le-lui. Moi je peux pas.

La mère prend son courage à deux mains, respire un bon coup et reprend le fil du monologue :

Léonie : Mon fils, c’est très important ce qu’on a à te dire. C’est quelque chose qui a rapport à la vie. Ton père et moi, on voudrait que tu saches ben… que les abeilles butinent le pistil des jolies fleurs.
Léon : Oui ‘man.
Léonie : Et puis tu sais, il y a aussi les choux et les roses.
Léon : Oui ‘man.
Léonie : Tu vois mon chéri ?… Léonard, je peux pas.

A peine intéressé par la chose, Léon s’élance soudain vers ses parents les bras grands ouverts. Il les embrasse comme un grand garçon de 23 ans peut embrasser ses vieux parents, en criant un « Allez, c’est l’heure ».

Il joint le geste à la parole en posant le pied sur la première marche du wagon. Ahuri, le père ouvre grand la bouche mais aucun son ne sort. Paniquée, la mère retient son rejeton par la manche mais les mots restent coincés dans sa gorge.

Abasourdis, les parents voient alors leur fils monter dans le wagon et fermer la porte. Pendant que retentit le sifflet de départ, Léon baisse la vitre, s’accoude et fait des signes d’adieu à ses parents. Dans un chuintement assourdissant, la locomotive démarre enfin.

Livides et sur le point de succomber à une attaque d’apoplexie, ses parents se regardent avec horreur. Le train est de train de quitter la gare de Chicago, et ils ne lui ont encore rien dit.

Le wagon s’ébranle lentement. Ravagés par le remord, Léonie et Léonard marchent à ses côté, cherchant rapidement leurs mots pour annoncer ce que leur fils doit savoir.

Le train va de plus en plus vite. Les deux parents se mettent à trotter puis à courir. Et soudain, alors que leur fils est encore à portée de voix, et dans un même élan désespéré, Léonie et Léonard s’écrient en même temps à son adresse :

Léon, le Père Noël n’existe pas !

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Paris havre plus blanc

décembre 22, 2009 · 2 commentaires

A Paris et ailleurs, quand on travaille, flocon y aille, même quand il neige comme en cette fin de semaine dernière. Alors j’ai mis ma veste noire pour aller voir le blanc manteau.

A peine sorti, l’air frais a empli mes poumons me faisant presque suffoquer. J’ai rajusté ma chapka et ajusté mes gants. Devant moi, mon fidèle destrier à 24 vitesses shimano, d’habitude rouge et jaune, avait été repeint en blanc. D’un geste las, j’ai secoué mon vélocipède pour lui faire retrouver ses couleurs. Puis je me suis assis sur la selle cotonneuse, j’ai saisi les rênes de métal froid. Et je suis parti sur les routes enneigées de la capitale.

Paris, ville des Lumières, avait ce matin le teint éteint, blafard. Les avenues, les boulevards, les trottoirs étaient recouverts d’une matière ouateuse avec pour horizon un brouillard vaguement laiteux.

Les deux pieds pendants, les doigts crispés sur les freins, je me suis laissé glisser sur l’asphalte moelleux, aussi à l’aise qu’un éléphant ivre sur une patinoire cirée. Arrivé pont d’Austerlitz, je me suis résigné à prendre le taureau par les cornes en me cramponnant à mon guidon pour continuer ma route à pied. Je devais bien ça à mon intégrité physique.

Le large trottoir était moquetté d’un tapis quasi immaculé. J’humai l’air épais et savourai la vue du fleuve paisible, dont les péniches gelées se serraient les unes contre les autres comme pour se réchauffer. J’imprimai dans mon cerveau toute cette vision fugace. Car la neige à Paris ne tient pas. Car Paris n’y tient pas. Dommage.

Et je suis allé retrouver la blancheur hospitalière, et sans hospitalité, de mon open space.

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Le climat est-il propice au Climat ?

décembre 17, 2009 · 5 commentaires

Alors que le climat refroidit sur Paris, les esprits s’échauffent à Copenhague. Bientôt la fin du sommet et rien n’a été encore décidé pour lutter contre les pics de pollution.

Pourtant si des résolutions sont en cours chez les Danois, les Français n’en sont pas à court.

Alors que sur le terrain les participants débattent des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, Renault, à travers sa filiale Dacia, met les gaz pour lancer un nouveau 4×4 qui va faire de l’effet : le Duster.

Alors que les intervenants essayent de limiter la hausse des températures à 2 °C, l’AFP signale qu’un iceberg géant à la dérive s’élève face à l’Australie.

Alors que l’Europe s’engage à consacrer 10 milliards de dollars par an au développement durable du continent africain, la presse nationale informe que Dubaï vient de recevoir d’un coup 10 milliards de dollars de l’émirat d’Abu Dhabi.

Alors que les réfugiés climatiques ont perdu leur combat face à la montée des eaux, Eric Besson, le ministre de la Déportation Charter-Risée, vient d’expulser avec succès 9 afghans vers leur pays en guerre.

Alors que les manifestants citoyens du monde entier se prennent des châtaignes sur la gueule, le peuple de France est en train de fourrer sa dinde de marrons pour son gueuleton.

Tout ce qu’il nous reste à espérer, c’est que ce sommet du climat à Copenhague ne sera pas pollué par le consensus politique et qu’il ne succombera pas aux sirènes du laisser-faire.

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Identité française : les auvergnats sont des étrangers comme les autres

décembre 4, 2009 · 2 commentaires

Le débat sur l’identité française, judicieusement mené par le ministre des Non-Français Qui Se Cachent, prend des allures de chasse à l’étranger de province.

Pas un jour ne se passe sans qu’un grand personnage de l’état ne se mette dans un drôle d’état pour nous faire part de ses sentiments patri-autistes.

C’est notre ministre de l’intérieur de la France, Brice de Nice Clermont-Ferrand, qui ouvre le bal en extérieur dans les Landes : « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».

Un auvergnat comme Monsieur le ministre, ça va. Mais trois, bonjour les dégâts.

Puis ce sont deux anciens vieux de la vieille, rien de moins que l’ex président de la République et son Premier ministre de l’époque, en pleine traque au faciès à Bordeaux :

L’ex-président : « Vous êtes d’où vous ? »
L’auvergnat typé : « De Lormont. »
L’ex-premier ministre : « De Lormont, c’est une commune juste à côté de Bordeaux, allez… »
L’ex-président : « A mon avis il est pas tout à fait né, natif de… »
L’ex-premier ministre : « Il n’est pas corrézien. »

Bin non, le jeune homme pris à partie par Chirac et Juppé n’était pas corrézien mais venait d’Auvergne, une région pauvre d’Europe, dont les habitants franchissent allègrement les frontières de notre douce France, en toute impunité, pour y migrer.

D’ailleurs, le maire de Gussainville, André Valentin, s’en est ému à la télé. Ce fin observateur des us et coutumes de l’étranger de l’intérieur du pays a tenu ces propos tout à fait acceptables :
« Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer. Y en a déjà dix millions, dix millions que l’on paye à rien foutre. »

C’es sûr, dix millions d’auvergnats affamés et fainéants qui seraient en train de croquer, sans rien faire, l’argent de nos pouvoirs publics, ça fout les chocottes.

Pourtant, tous ces propos censés être sensés ont quand même été dits, formulés et exprimés par des hommes politiques éduqués, mais tellement étrangers à leurs propres réflexions.

Pour en revenir à l’auvergnat, peut-être émigre-t-il parce qu’on lui fait comprendre qu’il n’a rien à faire dans sa région : « Allez ouste, volcan d’Auvergne ! »

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Découvrez les 3 nouveaux forfaits 3G illimités Orange

novembre 20, 2009 · 3 commentaires

Chez Orange, on reste pas immobiles côté mobile. Chez nous, on est force de proposition vu qu’on est super attentifs aux attentes de notre clientèle. Nous notre crédo, c’est la qualité et l’innovation.

Nos clients y veulent de l’internet mobile en veux-tu en voilà ? Allez hop, on leur innove des forfaits illimités adaptés. C’est ça la clé 3G de notre succès.

Tiens, voici nos 3 derniers forfaits spécialement étudiés et dont tout le monde parle actuellement, parce qu’ils sont tellement énormes qu’on y croit pas et pourtant, c’est vrai :

>Forfait 3G illimité Basic of Basic : 39 500 euros
Un petit prix qui permet de se familiariser avec l’internet mobile. Ainsi, on peut surfer en surfant, faire son marché en marchant… On peut même valider Johnny.

Bref, un forfait qui remplace avantageusement le 3615 ULLA et le 22 à Asnières.


>Forfait 3G illimité Maousse Costaud : 46 000 euros
Là on atteint un niveau exceptionnel de mobilité internet. On échange ses amis sur eBay, on achète ses livres sur facebook et son dentifrice sur youtube, on fait du cheval sur amazon, on regarde l’heure sur lastminute, on crie youpie sur yahoo…

Voilà un forfait idéal pour l’internaute exigeant qui préfère mettre en même temps les pieds sous la table et les doigts sur le clavier.


>Forfait 3G illimité Totally No Limit : 159 212 euros
Alors là, y a tout inclus même si on n’a pas tout compris. Du Go à gogo, du pire-to-pire en meilleur, de la connexion pour déconnecter, de la data donnée, du mégahoquet qui laisse sans voix, de la bande passante de milliers de personnes.

Ça c’est du forfait mobile qu’on a même pas assez de Mo dans le dictionnaire pour le définir.


Conclusion : ces 3 forfaits sont tellement énormes que moi-même je déclare forfait.

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Le buzz c’est pour les buses

novembre 16, 2009 · 3 commentaires

Mailorama tour eiffel© AFP photo / Lionel Bonaventure

A ma droite, mailorama.fr, le site commerçant qui propose aux gogos internautes de spammer allègrement leur boîte mails en échange de formidables rémunérations pouvant atteindre 0,01 euro (si si, va voir), et de subtiles réductions dont la valeur dépend du montant de tes achats.

A ma gauche, rentabiliweb, le proprio du site susmentionné et fin stratège en street marketing comme on va le voir, alors que mercatique de rue aurait suffit.

Rentabiliweb, dont le nom en woody-allenien signifie « Prends l’oseille sur le net et tire-toi », a eu envie de rentabiliser encore plus son site mailorama. Mais laissons la parole à Billy Web, l’heureux propriétaire du site qui incite :

« Au départ, on voulait séduire un max de gogos d’internautes pour qu’ils s’inscrivent. Alors chez nous, puisqu’on est défunts penseurs, on a eu l’idée de la mort qui tue pour nous faire remarquer : distribuons du fric dans la rue ! »

Hé c’est pas des conneries, hein. On parle d’une liasse de 100 000 euros pour une foule en liesse. C’est la crise, c’est la mouise, on agonise, on s’amenuise mais rentabiliweb pulvérise !

« C’est l’argent qui fait kiffer les gens. Le fric c’est chic, le pognon c’est tout bon, le radis c’est bien dit, le kopek c’est impec, le flouze c’est pas d’la loose. »

Surtout qu’en France, donner des biftons gratuitement pour faire de la pub, c’est interdit par la ioi et c’est passible d’une contravention.

 « Chez rentabiliweb, on ne fait pas amende honorable. Nous ce qu’on veut, c’est faire un max de buzz ! »

Ah le buzz… Un terme magique qui veut rien dire d’autre que de créer l’événement, donc se faire remarquer. En général, et même en caporal, le stratège avisé considère toujours que si on parle de son produit, alors les pépètes vont rappliquer dare-dare dans le tiroir-caisse. Erreur mon général caporal.

La foule était bien au rendez-vous ce samedi 14 novembre dernier, sous la tour Eiffel. 7 000 gogos personnes prêtes à en découdre pour attraper son billet de 5 ou de 10. La préfecture balise, ce qui n’est pas monnaie courante, et demande à Billy Web d’annuler son lancer à valeurs ajoutées. Billy Web s’exécute en plantant illico les 7 000 gogos candidats frustrés de fortune.

Résultat des courses : une mini-émeute, de la casse, des arrestations et… et… un communiqué de presse de rentabiliweb qui assume pleinement son buzz.

En rentabiliweb dans le texte :

« Rentabiliweb partage la colère de tous ceux qui se réjouissaient de voir un budget publicitaire aller (…) dans la poche des consommateurs (…). Il comprend et il partage leur colère, car ce sont eux qui ce soir, se sentent floués. Elle est solidaire aussi de ceux qui ont eu à souffrir des conséquences de cette annulation. » Tout le texte est .

Si ça c’est pas des buses du buzz…

Mailorama emeute© Hughes Léglise-Bataille / MAXPPP

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